OBUSITE



POILUS-

Ce n’est pas tous les jours que l’on fête un centenaire qui dure quatre ans. Surtout lorsque cela concerne celle qu’on préfère. En ce 11 novembre, retrouvons un peu de vocabulaire aux contours poilus, et découvrons ensemble la définition de l’OBUSITE.

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Les troubles de stress post-traumatique de la Première Guerre valent toutes les diplomaties du monde. Un peu de curiosité à ce sujet permettrait enfin de rendre inoffensifs les belliqueux nostalgiques et probablement ennuyés du réel. La guerre, c’est pas beau, c’est emmerdant, ça fatigue et surtout ça crée des trépidations incroyables venues des tranchées les plus embourbées de nos belles campagnes. Les obus pleuvent, les monstres d’Otto Dix naissent, les visages s’effacent et crèvent. Ça tire, ça gigote. On se chie dessus mais ça réchauffe. L’onde de choc provoquée par la chute des marmites et autres dragées fige certains corps se croyant morts. On retrouve des soldats ensevelis devenus sourds mais munis de tympans, aveugles sans problèmes aux pupilles, muets aux langues encore mobiles. Les médecins tentent en vain de redresser des « plicaturés vertébraux » dont les dos se sont à jamais pliés en deux pour éviter les sifflements incessants des balles en cherchant la sécurité des sols. Plus besoin de lésion pour devenir paralysé ou hémiplégique ou paraplégique! Plus besoin d’électrochocs pour que chaque membre et chaque organe tremble et vibre et tressaute de manière incontrôlable! Le corps intègre l’absurdité tragique du moment. La chair incarne la violence de visions aussi funestes que les armes. Tout danse une valse de peurs en perte de soi. Tout danse malgré soi.

Les « vomisseurs » s’exécutent le ventre vide avec saccades, d’autres se tordent et se contorsionnent comme s’ils ne pouvaient plus atteindre de position confortable. Des mains se figent, des pieds se tendent, les articulations ne répondent plus. Les « psychoses des barbelés » sèment leurs grains de folies et d’amnésies affûtés.
Les symptômes grouillent mais on ne sait pas trop quoi faire de ces nouveaux malades qui manquent de bravoure. On les inspecte sans bien comprendre et puis la médaille ou le peloton. Des médecins crapuleux parlent de « simulations inconscientes » et d’hystéries qui n’avaient été pourtant qu’observées chez des femmes. Or, comme avec les femmes un peu trop frénétiques, le fouet est une solution efficace. La Société de neurologie se révèle ainsi perspicace et, « depuis le 21 octobre 1915, recommande que les sujets atteints de troubles fonctionnels ne soient ni réformés ni pensionnés ni évacués mais traités sur place et renvoyés au front »1 En réalité, ces malades ont manqué d’entraînement et de discipline. Des petits « torpillages électriques » dans le bide et sur les tempes révèlent les acteurs. Enfin, la cure finale s’obtient au moyen d’une seule séance au conseil de guerre. L’obusite disparaît alors définitivement, une fois que le peloton d’exécution ait rompu les rangs.

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Pour en savoir plus, il y a cette série de portraits muets, réalisée en 1917-18:

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sources INTERNET et
Pierre Darmon, « Des suppliciés oubliés de la Grande Guerre : les pithiatiques »

OBI WAN KENOBI VS STAR WARS



TOHU BOHU -

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Même si l’on a été élevé dans la mythologie de Georges Lucas et que chacun de ses films a été attendu et visionné avec cérémonie et pop corns, découvrir qu’Alec Guiness, aka Obi-Wan Kenobi, détestait Star Wars est une découverte réellement amusante. On a traduit pour vous les meilleurs passages présents dans ses biographies et autres documents révélant la mauvaise opinion qu’il avait du film.

Tout commence donc en décembre 1975, alors qu’il présente la proposition du rôle à un ami dans une lettre qui ne manque pas d’être dubitative:

« On m’a proposé de faire un film (20th Century Fox) que je risque d’accepter, s’ils en viennent à me proposer assez d’argent. Londres et Afrique du Nord, mi-mars. Science-Fiction (ce qui me donne à réfléchir…), mais ça sera réalisé par Paul [sic] Lucas qui a fait American Graffiti, alors je pense que je devrais le faire. Gros rôle. Un conte de fée de merde, mais ça pourrait être intéressant… peut-être. »

Quelques mois plus tard, alors que le tournage a débuté, il poursuit ses remarques en insistant sur ses motivations économiques et rencontrant de sérieuses difficultés à se rappeler du nom d’Harrison Ford…:

« Je ne peux pas dire que j’apprécie le film… de nouveaux dialogues imbéciles me parviennent chaque jour sur de gros paquets de papier rose — et aucun d’eux ne rend mon personnage clair ou même supportable. Je pense seulement, heureusement, au doux blé qui m’aidera à continuer jusqu’en avril prochain même si Yahoo [pièce londonienne où il jouait Jonathan Swift] s’effondre dans une semaine… Je dois retourner au studio et travailler avec un nain (très gentil — il doit se laver dans un bidet) et ton camarade campagnard Mark Hamill et Tennyson (ça ne peut pas être ça…) Ford. Ellison (? — Non!) — bref, un jeune homme élancé, langoureux, probablement intelligent et amusant. Mais, oh mon Dieu, ils me donnent l’impression d’avoir 90 ans — et me traitent comme si j’en avais 106. — Oh, Harrison Ford — tu as déjà entendu parler de lui ?

Je vous assure que le temps et le succès que lui apportera son rôle ne feront rien à l’affaire, et il ne manqua pas d’exprimer ses regrets jusque dans son journal, en avril 1976:

« À part l’argent, qui devrait me permettre d’être à l’aise pendant l’année, je regrette d’avoir embarqué dans ce film. Je les aime tous assez bien, mais ça n’est pas du vrai jeu, les dialogues, qui sont lamentables, n’arrêtent pas d’être changés et légèrement améliorés, et je me trouve vieux et déconnecté des jeunes. »

C’est encore lui qui aurait forcé la main à Georges Lucas pour faire disparaître son personnage de manière assez précoce, dès le premier épisode de la première trilogie…

Enfin, tout l’engouement du début de la seconde trilogie, à la fin des années 90, ne fit qu’exacerber son ennui. En témoigne cette cruelle et terriblement drôle anecdote qu’il relate dans son journal, A Positively Final Appearance:

« Une remise à neuf de Star Wars est en route quelque part et de tous côtés. Je n’ai aucune intention de visiter à nouveau une quelconque galaxie. Je me rabougris chaque fois qu’il en est question. Il y a vingt ans, quand le film était montré pour la première fois, il avait une fraîcheur, mais aussi un sens de bien moral et de plaisir. Ensuite, j’ai commencé à être gêné par l’influence qu’il a pu acquérir. La malchance a commencé à San Francisco quand un joli petit garçon de douze ans me raconta fièrement avoir vu Star Wars plus de cent fois. Son élégante mère hochait la tête avec approbation. En regardant dans les yeux du garçon j’ai cru détecter de petites étoiles de folie en train de se former et j’ai supposé qu’elles exploseraient bien un jour ou l’autre:
« J’adorerais que tu fasses quelque chose pour moi, » ai-je dit.
« N’importe qu
oi! N’importe quoi! » cria le garçon frénétiquement.
« Tu ne vas pas aimer ce que je vais te demander de faire. »
« N’importe quoi Monsieur, n’importe quoi! »
« Eh bien, est-ce que tu peux me promettre de ne jamais plus regarder Star Wars ?

Il fondit en larmes. Sa mère le redressa à une hauteur immense. « C’est affreux de dire cela à un enfant! » aboya-t-elle, entraînant le pauvre enfant au loin. Peut-être avait-elle raison, mais j’espère juste que le gamin, maintenant dans sa trentaine, ne vit pas dans un monde imaginaire fait de banalités usées et enfantines. »

 

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07 DÉCEMBRE 2015



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- NOTES SUR LE NATIONALISME -



Pour en finir avec les nationalismes, il faut souvent relire les vieux classiques…

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Les affaires qui nous collèrent à la boussole ces derniers jours semblent cruellement manquer de finesse, et les élans nationaux et patriotes s’enchaînent. Nationaux et/ou patriotes ? Tu pléonasmes, non ? Est-ce que l’on se répète ? N’est-ce donc pas synonyme ? Paru en octobre 1945, le court essai de George Orwell intitulé Notes sur le nationalisme (ici en PDF) se met à notre service pour clarifier les choses. L’auteur de 1984 profite de sa plume journalistique pour mettre les points sur les i et définir les deux termes. S’attarder autour des engouements nationalistes qui venaient de sévir en Europe (et continuaient encore, et continuent toujours) lui paraît alors nécessaire : se débarrasser enfin de la tendance à faire de son voisin la cause de tous ses maux, et de la supposée nécessité de l’éduquer à coups de bâtons pour le virer du quartier. Mais attention, ne soyons pas trop étroits d’esprit, « ce sentiment ne s’applique pas toujours à ce que l’on appelle une nation, c’est-à-dire une race ou une zone géographique particulières, mais peut s’appliquer à une église ou à une classe sociale, ou encore fonctionner de manière complètement négative, contre quelque chose, sans allégeance concrète. » Lisons plutôt :

   « Par “nationalisme”, j’entends tout d’abord une tendance à présupposer que l’on peut classer les hommes comme des insectes, et qu’on peut tranquillement étiqueter “bons” ou “mauvais” des pans entiers de l’humanité. Plus encore, il signifie pour moi la tendance à s’identifier à un pays ou à un groupe particulier qu’on situe au-delà du bien et du mal, sans se reconnaître d’autre devoir que celui d’en promouvoir les intérêts. Il ne faut pas confondre nationalisme et patriotisme. Ces deux termes sont généralement employés de manière si vague que toute définition en est contestable, mais il faut bien les distinguer car ils recouvrent deux idées différentes, voire conflictuelles. Par “patriotisme”, j’entends un attachement exclusif à un lieu et à un mode de vie particuliers, qu’on juge supérieur à tous autres, sans pour autant vouloir les imposer à autrui. Le patriotisme est par nature défensif, sur le plan militaire comme sur le plan culturel. Le nationalisme au contraire est inséparable de la soif de pouvoir, la volonté constante de tout nationalisme étant d’accroître non son propre pouvoir et son propre prestige, mais celui de son pays ou du groupe auquel il a choisi de s’assimiler. »

Les Souterrains vous engagent ainsi à aller au-delà de cette entrée en matière et poursuivre par vous-mêmes. Orwell s’y acharne à démonter les monomanies et idées fixes des nationalistes, empêtrés dans les contradictions et refus du réel, concluant ainsi :

     « Il est vrai qu’il faut se battre contre [insérer les noms du paysage nationaliste moderne, à moins que Lord Elton, D. N. Pritt, Lady Houston, Lord Vanisttart, ou Father Coughlin ne vous disent quelque chose… ndlr] et toute leur sinistre bande, mais il n’est guère besoin de souligner leur insuffisance intellectuelle. L’idée fixe ne présente guère d’intérêt, et le fait qu’aucun nationaliste des plus dévots ne soit capable d’écrire des livres dignes d’être lus après quelques années est quelque peu rafraîchissant. »

Rien ni personne ne devrait donc vous demander de choisir entre patriotisme et nationalisme. Et si ça vous chante de continuer à rire de Super Dupont tout en lisant de la grande littérature bien franchouillarde, on peut très bien se dire, comme l’écrivait Flaubert à George Sand : « Tous les drapeaux ont été tellement souillés de sang et de merde qu’il est temps de n’en plus avoir, du tout. »

 George Orwell At A Typewriter

Et les extraits en version originale :

« By ‘nationalism’ I mean first of all the habit of assuming that human beings can be classified like insects and that whole blocks of millions or tens of millions of people can be confidently labelled ‘good’ or ‘bad’. But secondly — and this is much more important — I mean the habit of identifying oneself with a single nation or other unit, placing it beyond good and evil and recognising no other duty than that of advancing its interests. Nationalism is not to be confused with patriotism. Both words are normally used in so vague a way that any definition is liable to be challenged, but one must draw a distinction between them, since two different and even opposing ideas are involved. By ‘patriotism’ I mean devotion to a particular place and a particular way of life, which one believes to be the best in the world but has no wish to force on other people. Patriotism is of its nature defensive, both militarily and culturally. Nationalism, on the other hand, is inseparable from the desire for power. The abiding purpose of every nationalist is to secure more power and more prestige, not for himself but for the nation or other unit in which he has chosen to sink his own individuality.« 

« (…) In real life Lord Elton, D. N. Pritt, Lady Houston, Ezra Pound, Lord Vanisttart, Father Coughlin and all the rest of their dreary tribe have to be fought against, but their intellectual deficiencies hardly need pointing out. Monomania is not interesting, and the fact that no nationalist of the more bigoted kind can write a book which still seems worth reading after a lapse of years has a certain deodorising effect. »

And Flaubert wrote: « All the flags have been so soiled with blood and with shit that it is time not to have any at all. »

RÉPONSE AU FLASH DAESH



Lettre aux [mauvais] rédacteurs des revendications de [ce qu'ils appellent] « l’État Islamique » à leurs instigateurs, à leurs exécutants et futurs fan(atiques).
Daesh

Vous avez tué hier des hommes, des femmes, des êtres aimants.
À nous maintenant de répondre.
Mais pas à la surface, sur des corps sans défense comme vous l’avez fait, plutôt à la tumeur sans os de votre pensée, triste cave où la lumière ne passe plus.
Alors oui, «ô nous qui sommes doués de clairvoyance», vous l’avez dit, allons tâcher d’en «tirer une leçon», plus articulée et éclairée, et qui pourraient bien vous servir.
Vous inviter, sait-on jamais.
Clic-clac,
Seriez-vous convertible?

Je révise mes manuels d’histoire (et vous?) pour y lire qu’à l’époque des grandes élégances chevaleresques, à la bataille de Fontenoy, invitation fut faite à nos chers ennemis les Anglais de tirer les premiers.
De votre côté, c’est fait.
Et sans invitation. Rustres.
À nous maintenant de répliquer.

Vous vous revendiquez du nom d’Allah, le «Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux».
Avez-vous déjà su ce que «miséricordieux» signifie?
Cela signifie «qui pardonne généreusement».
Les balles, à coup sûr, n’étaient que la traduction éclairée de votre divin pardon…
(NB : c’est ironique. On ne sait jamais avec vous. Vous êtes si…littérales…Et encore, avec des fautes d’orthographe.)
Pour vous donc, l’acte de tuer ces hommes et ces femmes que nous sommes, est plus pardonnable aux yeux de votre Dieu que les «péchés» mêmes que nous aurions soi-disant commis?
Or tuer n’est-il pas le premier des péchés?
Et qu’en est-il de ceux qui parlent, à tort, au nom de leur Dieu?
C’est vous qui devenez blasphémateurs, en réduisant sa parole à l’instrument simpliste de l’interprète.
Voici donc que vous avez tué, et que non contents d’un tel péché capital, vous blasphémez par vos prosopopées!
Je ne sais pas si Nakir et Munkar les anges du jugement sont au point avec leur balance, mais il est certain que dès lors que votre crime devient supérieur aux nôtres (que nous n’acceptons d’ailleurs pas comme crime) nous devenons les martyrs quand vous devenez les bourreaux.
Pauvres de vous qui ignorez combien ces attaques vous desservent aux yeux de votre Dieu même.
Il doit pleurer en ce moment.

Ce «Tout Miséricordieux», ce «Très Miséricordieux» que vous appelez.
Vous faites la nuances entre les adverbes, c’est bien.
Vous êtes pointilleux sur les majuscules, c’est bien.
Mais ne voyez-vous pas qu’en ce «Tout» réside aussi nos diversités, qui vous dérangent, et qu’en ce «Très», se dévoile l’amplitude et la profondeur de sa «Miséricorde» qui, pour ne pas la mésestimer, porte jusqu’à nous?
Là déjà votre manque de foi, et vos manquements au Sens.

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Mais revenons aux mots.
Vous y croyez tellement.
Suivons-en la piste.
Déconstruisons encore.
«Ils pensaient qu’en vérité leurs forteresses les défendraient contre Allah».
Nos forteresses?
Des terrasses de café et des vigiles désarmés.
Maigre triomphe.

«Ils démolissaient leurs maisons de leurs propres mains, autant que des mains des croyants.»
Si nous démolissons nos maisons autant que vous-même, qui prétendez être les croyants, les démolissez, pourquoi vous épuiser, et même, «vous tuer à la tâche», à intervenir avec tant de zèle?
Nous le faisons aussi bien que vous c’est écrit. Laissez-nous faire.
Par vos interventions précipitées, c’est de l’ingérence divine que vous faites, on pourrait bien y voir que vous doutez de sa parole, ou que vous ne savez pas la lire avec rigueur…
Ce n’est certainement pas fait pour lui plaire tout ça, à Allah.
Une foi rigoureuse pour des lecteurs distraits, mauvais mélange.
Vous agissez sans tête.
Pauvres de vous.

Et cet agir zélé, n’est-ce pas encore la crainte que ses désirs, finalement, ne soient pas conformes aux vôtres, hommes sans vie, pris entre les barreaux noirs sur blanc de l’encre des mots, des seuls mots, et qui encore sont mal lus?
L’imbécile regarde le doigt comme on dit… (NB : c’est de l’humour. On ne sait jamais.)

«Dans une attaque bénie dont Allah a facilité les causes.»
Si nous sommes «la cause» de cette attaque, Allah a donc facilité le fait que nous soyons comme nous sommes, c’est-à-dire des adeptes du rock, des bars, de la fête, du sexe et des rires partagés, n’est-ce pas? Grâce alors soit rendue à Allah pour nous avoir fait ainsi, dans cette diversité, avec cette vie qui nous tient tant au corps.
C’est vous qui le dites, nous n’inventons rien, relisez-vous.
Des balles, des armes, mais pas de pensée.
Forteresse de blabla
Tombée.

Vous écrivez de Paris : «celle qui porte la bannière de la croix en Europe».
Mais, de quelle «croix» parlez vous?
La catholique?
Non, non, Paris a l’effigie d’un bateau sur la Seine, et le drapeau français est à «rayures» (lignes parallèles étirées vers le haut) bleu, blanc, rouge, pas en croix.
Non, décidément, elle n’est pas par là.
Et puis, à la limite, pour vous aider, on pourrait dire, Paris, qui a porté «la bannière de la croix en Europe», au temps de la Monarchie, mais encore faudrait-il que vous utilisiez le passé. Rendez-vous compte!
Rude effort que de remettre à hier ce qui n’est plus d’aujourd’hui.
Allez, mieux, pour vous aider encore, gardez le présent, mais changez toute la phrase et mettez-vous à la page.
Nous sommes une République laïque depuis 1905.
Pas de croix ni de bannière, pas de croisade, c’est du dialogue et du consensus pour le bien commun que nous voulons.
Mais cela est sûr, et La Palisse serait content, sans écoute, on ne peut pas s’entendre.

«Allah est le plus grand»
Alors soyez à sa mesure, abandonnez votre étroitesse d’esprit.

«Allah a facilité nos frères et leurs a accordé ce qu’ils espéraient (le martyr)».
Ne parlez pas en sa parole, au fond, vous n’en savez rien.
Avez-vous reçu un tweet pour vous dire qu’ils étaient bien arrivés ? Non.
Allah pourrait tout aussi bien avoir facilité l’intervention des agents de sécurité devant le stade de France pour que des fou-furieux ne tuent pas des innocents rassemblés autour d’un jeu. Après-tout, ces explosions-là n’ont été que des pétards mouillés. Doutez.

Ce qu’il y a de terrible dans votre démarche, c’est qu’à la fin l’effort même de la conviction, la boursouflure d’imaginaire qui verse à la monomanie, s’enkyste, et prend de la réalité. Vous cherchez à vous y rattacher comme à une pierre illusoire pour ne pas dériver vers l’inconnu, le véritable mystère. Mais savez-vous, il pourrait bien être votre chance, le monde pourrait alors s’y faire entendre dans son cri de détresse et de paix.
Mais non, vous insistez, vous y croyez bel et bien à vos métastases chimériques, de la même façon qu’un enfant peut croire à un monstre dessous son lit. Ou peut-être même, et c’est le plus triste, que vous y n’y croyez finalement que par habitude, par désoeuvrement et contrainte, et vous vous y attachez encore et encore par faiblesse et orgueil, vous enfonçant dans le refus de reconnaître une erreur qui vous a déjà tant coûté, terrifiés, fatigués déjà par l’idée de faire demi-tour. Ce n’est pas si loin. On aurait besoin de désamorcer.

«Paris a tremblé sous leurs pieds et ses rues sont devenues étroites pour eux.»
Euh, ça va les chevilles? Haussman avait fait des efforts pourtant, mais ça n’a pas suffit on dirait, et si certains ont fait l’oedème en Belgique, la plupart d’entre vous sont repartis…les pieds devant.
Et si aujourd’hui Paris tremble sous des pas, c’est sous ceux des centaines de manifestants solidaires que nous sommes.
Souvenez-vous du 8 janvier, les rues bondées à Paris comme ailleurs, nous tous ensemble dans le peur et le courage alliés.

Soyons sérieux, vous qui maniez si bien la lettre (mais pas l’esprit) des lois divines, comment pouvez-vous honorer votre Dieu, qui est le Verbe, en se revendiquant de lui avec autant de fautes d’orthographe?

«(Nous avons tué, été de gros méchants de films d’action…) et ce, simultanément»
Ah! Et puis je reconnais dans ce, «et ce» quelques accents de fierté toute subjective, presque de flagornerie.
Et ça continue:
«Minimum 200 croisés tués».
Non, nous avons le cuir plus dur que ça, 129 à l’heure actuelle.
Mais on vous reconnaît que c’est tout de même un bon score.
Hélas pour vous, c’est 129 péchés de trop, ou, si vous ne le voyez pas de cet œil, blasphèmes anti-miséricorde.
Ne soyez pas mensongers, vous écrivez avec une verve aussi pubarde et racoleuse que les pires publicistes de notre temps.
À croire que vous souhaitez fonctionner de la même façon que ceux que vous dénoncez…
Oh, vous êtes des influençables vous!…
mais ça, on le savait déjà.

Allez, ce message pour vous dire qu’on vous aurait pardonné pour l’orthographe et la bêtise si du moins vous eûtes su vous faire les hérauts d’un joyeux «pro-fête», mais là décidément, ce n’est plus possible.

Gabriel Tamalet
16/11/2015

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VENDREDI 13



CHARONNE-

Les sirènes sonnent, les alarmes prennent, et puis silence ce matin. Impossible silence et pourtant… Qui lance vendetta sur tant de boucs-émissaires ? Ouvrir le grand aveugle en lui crevant les yeux ? Ceux qui croient refuser l’injuste en l’étalant sur les hommes, les femmes, les respirations qui miment mort sur le sol d’une salle de spectacle ? Ça tire au hasard des foules comme on postillonne son mépris sans le comprendre. Mais les morts sont ceux qui abandonnent l’importance qu’il y a à essayer de comprendre les haines… Rien de saisissable dans l’homme de guerre sinon l’absurde. Il y a des instants où toutes les raisons se valent, se mêlent, s’enferment, se fixent entre elles jusqu’à perdre poids. On est habitué depuis longtemps à ce que les mots quotidiens aient perdu leurs sens, et les chiffres gisent… Morts toi, lui, elle. Trop. Le bourdonnement agrippe les tempes comme les rafales entendues depuis ma fenêtre. Elle tombe sur la rue de Charonne. De ma fenêtre les souvenirs de février 62 où le frère de ma grand-mère avait protesté contre. Hier dans la nuit, elle s’était ouverte pour laisser la fumée des cigarettes. Les amis tout autour et le couscous des pauvres, le vin du vendredi soir. Et puis dix, vingt, trente, cent, cent-vingt. Je me demande quels chiffres ont été joués pour la loterie du vendredi 13. Quels paris sur le ballon ininterrompu entre les grandes nations. Dans la rue, on fait signe, ne pas aller vers République. À quoi servent ces arbres le long du boulevard Voltaire ? J’ai entendu une femme contre un olivier dire « je suis celle qui ne veut plus comprendre parce que comprendre c’est déjà accepter. » La mère est furieuse. Ses questions se répètent et savent l’impossible réponse. Quand le deuil est trop grand. Les terrorisés ne voient pas l’aube qui grimpe sur la Seine. Et pourtant l’aurore ! Monter au matin, sortir acheter un pain et vouloir suivre un rire qui s’éveille. Ne plus le trouver parce qu’il est jugé imbécile. Qui n’aime l’aurore et tue ?

*

antoine jobard
samedi 14 novembre 2015, 7h58

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Friday 13th,

Sirens wail, alarms ring, but everything is silent this morning. Impossible silence, and though… Who’s carrying a vendetta against so many scapegoats? Who’s pretending to unlock the great blind man gouging his eyes out? Those who believe that they’re fighting injustice when they’re spreading it on men, women, breaths faking death on the ground of a theater? They shoot randomly at the crowd like one may splutter contempt without even understanding it. But aren’t they dead already, those for whom trying to understand hatred has lost all importance?… Nothing’s coherent in a man of war but his absurdity. There is one point when every reason seems to meddle, blend, sound the same, be worth the same, get stuck, stare at each other till losing their sense. We are used to the loss of word’s meanings for a long time now, and numbers lie on the ground… Dead, you, him, her.  Too many. A buzz grabs my temples like those shotguns we heard by my window. Right down rue de Charonne. By my window, the memories of February 1962 when the brother of my grandmother protested against another massacre[1]. Yesterday, during the night, that same window was opened to let our cigarette smoke out. Friends all around, gipsy guitars, and the couscous for the poor[2], Friday night’s wine. And ten, twenty, thirty, a hundred, a hundred and twenty. I’m wondering what numbers were played on the Friday 13th lottery. What gambles on the uninterrupted football match between the old nations. A bottle falls and breaks on the floor with an echoless burst. In the street, some wave hands, don’t walk towards Republique. What’s the use of those trees on the boulevard Voltaire? I remember, long ago, I heard a woman against an olive tree crying “I am she who doesn’t want to understand because understanding is already acceptance.” The mother is furious. Her questions repeat themselves, knowing the impossible answer. When mourning is too heavy. Another nevermore, once more. I don’t know if I really slept last night. Looking up at my window, the night shadows away. The terrorized can’t see the sunrise climbing up the river Seine. And yet, it is dawn again! Yesterday, I was going up the morning to buy some early bread, listening to a laughter waking up in the distance. I’m keeping my ears open now but find myself unable to locate that laughter again, as if it was considered foolish and shut down. Who loathes dawn, who kills?

antoine jobard
Saturday 14th of November, 7.58 am


[1] about the Charonne Metro Station history, here
[2] on a typical Parisian Friday night, one can find nice Maghreb bars offering a couscous to those who buy a pint

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LA CUISINE SANGLANTE DES BACHELOT-CARON



Entre faits divers et art contemporain

On a retrouvé la recette du couple qui illustre nos incidents les plus sombres et sanglants… C’est sans doute arrivé près de chez vous!

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Le travail du couple Louis Bachelot et Marjolaine Caron est un travail plutôt atypique sur la scène de la photographie contemporaine. Cette singularité tient en partie à plusieurs mélanges qui relèvent de ce que l’on pourrait nommer la « cuisine des Bachelot-Caron ».

1. Prenez tout d’abord un couple énergique avec des formations variées.
Elle : art mural et dessin sur vitrail à Olivier de Serres, puis costumière pour le théâtre, l’opéra… Lui : après les Beaux-arts, travaille dans le milieu du cinéma. Ils ont ensuite réalisé ensemble des décors de cirque, de théâtre, des clip-vidéos et… des livres pour enfants ! Enfin, ils ont commencé il y a plusieurs années à illustrer les magazines Nous deux (nouvelles « Suspens ») et Détective, le célèbre hebdomadaire de faits divers.

2. Choisissez une méthode singulière.
Pour réaliser ces illustrations de faits divers, les Bachelot-Caron ne disposent que d’un jour et demi, ce qui les oblige à travailler dans l’urgence. Ils choisissent la scène à illustrer avec le rédacteur, puis construisent leur fiction autour des rapports d’enquête conçus par les journalistes. Plein de ressources, d’imagination et d’énergie, ils mobilisent leurs amis, famille, voisins, connaissances et parfois aussi des comédiens pour jouer la scène qu’ils ont imaginée. Leur fils devient ainsi l’enfant kidnappé, leur plombier, le sérial killeur… Ils engrangent alors une réserve d’images qui servent à l’occasion pour d’autres photomontages. Puis, ils retravaillent le tout sur ordinateur par collages et retouches sur Photoshop ainsi qu’à la peinture à l’huile. Leurs œuvres naissent donc de leur histoire à tous les deux, de leur énergie créatrice : à deux derrière un ordinateur ou lors des séances de photographies, les idées fusent de leurs mésententes ou de leurs accords et constituent un processus artistique innovant.

3. Mélanger l’art, les faits divers et une imagination débordante (attention, partie la plus périlleuse).
Si l’on peut trouver de prime abord étrange de travailler sur les faits divers, Louis Bachelot remarque qu’il s’agit avant tout de trouver des solutions à des problèmes plastiques. Et c’est ainsi que l’on bascule de l’illustration de la presse à scandales à l’art contemporain. Mais leurs photographies ont tout de même pour but d’attirer les curieux à lire les articles. Ces mises en scène provocantes, érotiques et morbides peuvent-elles être de ce fait considérées comme un renouveau de la photo choc ? Cela se pourrait en effet dans un sens, mais si le point de départ de leur travail est un fait réel, il est sublimé par la fiction de la mise en scène et du photomontage.
Les compositions des œuvres, des plus simples au plus complexes, sont très efficaces. Beaucoup engagent la conversation, créent une narration qui intrigue le lecteur. La recherche graphique revêt ici une importance capitale et dépasse de loin le champ de la presse à faits divers. Tournant forcément autour des thèmes de la mort, du sexe, de l’argent, de la violence, de la vengeance…, en bref des instincts les plus vils de l’homme, ces photomontages s’en dégagent pour devenir de véritables tableaux où l’on apercevrait presque les traces de pinceau, la matière picturale représentée par un « empâtement virtuel », selon les mots de Louis Bachelot.

Ornan

La trivialité est donc palliée par un esthétisme recherché, à l’exemple des jeux de cadre et de variation de points de vue, plaçant le spectateur tantôt dans le rôle de la victime, tantôt dans celui du témoin ou du meurtrier. Cet artifice technique nous intègre dans la narration d’œuvres qui rejouent parfois des scènes historiques ou religieuses comme Judith et Holopherne, ou encore Cléopâtre, et des grands moments de l’histoire de l’art de Mantegna aux Ménines de Velázquez en passant par le Caravage et Le Tricheur à l’as de carreau de De la Tour. Dans ces tableaux vivants, les décors et les personnages par les poses et leurs regards, tiennent autant des tableaux du XVIIe siècle que d’une esthétique humoristique du kitsch. Troublantes par ses savants mélanges, ces photographies reflètent parfaitement l’énergie qui se dégage du couple Bachelot-Caron et de leur travail dans l’urgence et l’effervescence.

Marine Nédélec

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et pour + d’images chocs, c’est ici !

VACHEMENT SYMPA



JUSTE FILIP & les FERIAS-

 

Juste Filip

     À la croisée des férias, entre deux bodegas ou entre deux rives, sur les ponts aux passages titubés, sangrias sur t-shirts ou dans gosiers, il n’est pas rare de croiser une vache tâtant de la guitare électrique. C’est Juste Filip, seul sur le papier mais toujours accompagné de la longue histoire du groupe Juste pour les vacances, bien connu des fêtes du Sud-ouest basco-landais. En passant d’un Chuck blues Berry à un Pink funk Floyd, des Doors à Dutronc, de Carlos à Santana, des Charlots et Boby Lapointe, il emmêle ses morceaux de compos humoristiques et nous fait croire en la présence d’un véritable orchestre par boucles et effets, au milieu des trottoirs. Son public le cherche parfois longtemps tant il change d’emplacements, mais il le trouve chaque fois pour respirer un peu de fraîcheur musicale, loin des Sardouzoukés, et avant de retourner au boum boum voisin. L’ambiance peut être chaloupée ou chancelante, les connaisseurs s’arrêtent toujours pour observer et écouter son jeu de guitare. L’ambiance do it yourself de ses installations, sa déco paint et ses vannes finissent d’accomplir la séduction. Le chapeau annonce l’“artiste non subventionné”, aguichant le défilé des supporters de l’éthylisme annuel, mouvant au fil des marées et des foules.
     Pour les locaux, il est difficile de savoir depuis combien de temps il est là et comment il parvient aussi bien à résister aux intempéries rouges et blanches. N’empêche, fidèle au poste, le paysage des festivités locales en perdrait de son charme. Les tongs sont fleuries, le pis peloté, les lunettes disco allumées et tout en place pour que seule la dérision soit à prendre au sérieux.
     Les Souterrains se sont dits que le croiser avant la nuit permettrait un dialogue sans trop d’interruptions : 3 en moins de 15min – record. En plus, ils étaient tous soûls et vachement sympas.

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LS − Ça fait combien de temps que tu tournes dans les ferias ?

Filip  Ça fait 21 ans ! (1ère interruption d’un fan éméché) J’avais des amis qui avaient fait les fêtes du sud-ouest. Je connaissais pas et je suis venu en touriste. C’était y’a 23 ans. On a joué avec une guitare classique derrière l’église quand il pleuvait, on a fait 50 francs alors j’ai dit “Allez hop ! j’reviendrai avec des électriques !” J’ai loupé une année, et depuis ça fait 21 ans maintenant que je viens avec des amplis à piles, en duo. Au début c’était que des reprises, tout ce qu’on connaissait. Donc ça a commencé à Bayonne et Dax.

D’où vient Juste pour les vacances ?

C’est venu petit à petit. On était allé faire un tour à Aurillac, et y’avait une fausse émission de radio, sur une voiture décapotable, qui est venue nous interviewer et ils nous on dit “Et vous vous appelez comment ? – J’sais pas c’est juste pour les vacances. – Et donc le groupe Juste pour les vacances !” Donc on a gardé le nom. On était deux, et puis un batteur et un bassiste se sont adjoints à nous : c’est devenu le groupe Juste pour les vacances. Pendant quelques années on a tourné en groupe, puis après c’était compliqué d’avoir les musiciens, donc j’y retourne tout seul. C’est plus simple pour trouver des plans. Maintenant c’est Juste Filip !

Où tu vas pendant l’été ?

Je fais la tournée des férias. Cinq ou six par été. Les trois grosses : Bayonne, Mont-de-Marsan, Dax. Sinon j’ai fait Hagetmau, Orthez, Tyrosse cette année, Soustons, Eugénie-les-bains la petite, la glorieuse aussi ! Je passe aussi au festival de théâtre de rue d’Aurillac. Je compte démarcher un peu plus les festivals cette année. Quand je joue au chapeau, c’est surtout pour me faire connaître ! Je peux descendre dans l’année. En juin par exemple, j’étais venu faire une animation à Mont-de-Marsan. Avec un peu de pub, il y aurait sûrement un peu de monde pour venir faire la fête avec la vachette en attendant les férias ! Mais on n’y pense pas, on se dit que je suis trop loin.

Tu viens d’où au départ ?

Je suis de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, je descends un mois, un mois-et-demi l’été.

Et le reste de l’année ?

Je suis prof de guitare et artiste. Je fais des concerts à droite à gauche.

Tu as depuis combien de temps le costume de la vache ?

Oh ça fait huit, dix ans peut-être, quinze ans même ! J’ai eu plusieurs déguisements. Au début c’était le thème des vacances alors j’ai commencé en tuba et palmes, lycra et tout, et on a voulu d’autres déguisements. J’en ai trouvé un de vache dans le sud-ouest, et il a fait partie de la série. Y’avait la fille, le bonhomme disco, et la vache. À un moment donné les gens demandaient : “Et elle est où la vache ?” Alors je suis resté en vache !

Y’a une philosophie de vachette ?

Aucune ! (rires) Enfin c’est le sud-ouest les vachettes, les corridas, mais je suis neutre là-dessus, j’en parle pas. (rires)

On vient souvent te tripoter le pis. C’est comment la sexualité d’une vache ?

Oh c’est calme ! (rires) J’allume et je me fais allumer, sinon ça va.

Un Bayonnais intervient : Les tongs tu les as achetées où ? Elles sont supers.

Je les ai faites moi-même !

Le Bayonnais : Et à Bayonne t’as bougé, non ? Avant t’étais toujours devant la Maison Berrogain…

J’ai bougé de vingt mètres.

Le Bayonnais : Oui, mais quand même ! (rires) Moi ça m’a déstabilisé mes petits repères de Bayonnais.

Avant j’étais sur le pont, mais avec les règles de sécurité, on peut plus. Mais c’est pas plus mal parce que je prenais froid et la guitare s’oxydait avec l’air marin. En cinq jours, toutes les vis rouillées !

filip / franz dureigne

Tu fais à la fois des reprises, des détournements, et des compos – ça fonctionne comment ?

J’essaye surtout de placer mes compos humoristiques. (2ème interruption d’une adepte vacharde pintée)

C’est vraiment l’humour que tu veux mettre en avant.

Dans les ferias c’est vrai que c’est pas l’idéal parce qu’il faut jouer des chansons connues pour faire danser les gens, mais j’arrive à placer mes chansons quand même. Plus souvent quand je suis avec mon petit ampli. D’ailleurs je vais quand même aller sur le pont ce soir. J’ai joué jusqu’à 4h30 dans le souterrain hier parce qu’il pleuvait. Le parking couvert, à l’abri, on s’est bien marré.

Tu t’organises comment avec le matos ?

J’ai tout dans la voiture, garée à côté. C’est central. J’amène tout avec un chariot.

Et avec les roadies ? Tu en changes beaucoup, non ?

Oui ! (rires) Je viens parfois accompagné ou ça arrive que des locaux me donnent un coup de main, et puis dès fois y’a personne. Hier je suis venu m’installer tout seul, c’est juste un peu plus long. Il pleuvait pas encore !

C’est quoi le pire, la météo ou ceux qui viennent tituber sur tes pédales ?

Les deux en même temps ! (rires) Non mais c’est la météo parce que y’a toujours moyen de gérer ceux qui titubent. Je m’arrête de jouer et j’attends qu’ils s’en aillent. Sinon je fais une chanson à moi, bien calme, marrante pour ceux qui veulent écouter les textes et ceux qui veulent danser vont ailleurs. Bon ça empêche pas, hier on m’a volé le chapeau par exemple, le petit bicorne rouge, y’avait presque rien dedans mais c’est le principe. On m’a déjà volé la trompette aussi…

Ça se passe comment : faire de la musique et gérer tout ce qui se passe autour ?

Difficilement. T’es au même niveau que les gens, donc ils ont plus envie de venir te voir, te parler, t’embêter, tourner les pages du classeur.

Des anecdotes musicales ?

J’ai croisé pas mal de musiciens, c’est vrai. On a joué avec les musiciens de Manu Chao, sur le pont de Bayonne. Danakil aussi, à une époque où ils tournaient avec le camion. J’avais déjà senti que le chanteur avait du potentiel. Ils ont réussi et tant mieux pour eux ! Moi je suis toujours là, dans la rue (rires). On fait d’autres concerts quand même : la première partie d’Elmer Food Beat l’année dernière, Raoul Petite aussi, c’est un peu plus ancien. Oldelaf aussi… Faut que j’en trouve d’autres dans le genre. (3ème interruption d’un exalté ivre)

Tu tournes aussi dans le Nord ? Paris ?

Ouais, je vais partout ! Faut le dire ! Mais à Paris, c’est compliqué de se garer, y’a beaucoup de musiciens. J’irai pour me faire connaître avec le cd à venir cette année. J’ai trouvé un bon arrangeur. Ça va le faire.

à Dax, 15 Août 2015

Pour plus de joyeuses vacheries, c’est ici ou , ou même là-bas.

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LENDEMAINS DE CUITE



TOHU BOHU-

On connaît tous ces lendemains de cuite qui nous agrippent les cheveux, nous martèlent le crâne, pressent l’encéphale, assèchent la matière grise, bitument la cervelle, empâtent la bouche, tenaillent les muscles et nous sculptent une merveilleuse gueule de bois… Les Souterrains vous proposent de soigner ces moments douloureux avec l’aide experte de grands artistes, auxquels nous laissons la place :

-ANTHONY BURGESS-

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Auteur d’Orange Mécanique et plus grand connaisseur en matière de vapeurs alcoolisées que de Moloko Plus, Burgess nous délivre sa recette miracle pour éviter toute gêne matinale: un cocktail connu sous le doux nom de “Sang du Pendu”:
« Dans un verre à pinte, versez le double de ce qui suit: gin, whisky, rhum, porto et brandy. Ajoutez une petite bouteille de bière brune et arrosez le tout de champagne… Vous obtiendrez un goût fort harmonieux, provoquant une certaine exaltation métaphysqiue, très rarement suivie de gueule de bois. »

-ERNEST HEMINGWAY-

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Ernie nous propose plusieurs cures contre la gueule de bois… Elles consistent tout simplement à ingurgiter plus d’alcool encore. Vous avez ainsi le choix entre :
1- une combinaison savante de jus d’orange et de bière.
2- un mélange champagne/absinthe, énoncé en ces termes dans Mort dans l’après-midi : « Versez une dose d’absinthe dans un verre à champagne. Ajoutez du Champagne glacé jusqu’à obtenir l’opalescence laiteuse adéquate. Sirotez de trois à cinq coupes. »
3- un “Mort dans le Gulf Stream: Prendre un mince gobelet d’eau et le remplir de glace finement pilée. Arroser avec quatre bouchons d’Angostura [assaisonnement à base de rhum – ndlr], ajouter le jus et le zeste d’un citron vert, et remplir le verre presque jusqu’au bout de gin hollandais… Pas de sucre, pas de chichi.

-WILLIAM FAULKNER-

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L’auteur du Bruit et de la Fureur, qui ne se ménageait pas le coude, avait l’habitude de dire que « La civilisation commence à la distillation. » Cependant, s’il pouvait être sujet à des noyades au whisky, l’ardeur au travail se trouvait toujours être la meileure des aspirines : « Je pense que quiconque — peintre, musicien ou écrivain — travaillant dans une sorte de folie furieuse, est comme possédé par le démon. Il peut donc se lever en se sentant déperrir, avec une belle gueule de bois, ou même souffrant… mais s’il doit travailler, dès la première idée, il ne se souvient même plus de cette souffrance ou gueule de bois… il est déjà trop occupé. »

-ZELDA FITZGERALD-

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Après quelques longueurs en piscine, la turbulente femme de F. Scott Fitzgerald commençait à picoler vers les onze heures du matin, nourrissant son foie à la vodka-limonade, pour s’élancer en forme le long d’une nouvelle journée d’oisiveté mondaine.

-WILLIAM BURROUGHS-

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Sur la fin des années 80, William Burroughs aurait aidé le gourou du LSD Timothy Leary à survivre après une soirée trop arrosée, grâce à de la… méthadone. C’est assez logique que l’écrivain puisse prescrire une drogue analgésique contre la gueule de bois puisqu’il suivait une cure à la méthadone sur la fin de ses jours (sur de longues années, plutôt), pour se débarrasser de ses habitudes héroïnomanes.

-EMIL CIORAN-

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Le cynique d’origine roumaine est sans doute tout autant radical, puisqu’il prône dans De l’inconvénient d’être né, l’abstinence, parfaite pour nous procurer l’ingrédient nécessaire à la création: « Depuis des années, sans café, sans alcool, sans tabac ! Par bonheur, l’anxiété est là, qui remplace utilement les excitants les plus forts. »

-HUNTER S. THOMPSON-

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Il est de notoriété publique que le Roi Gonzo était un des plus grands érudits en la matière, même loin de Las Vegas Parano. Sa solution : « 12 nitrites d’amyle (une boîte) [aka poppers – ndlr] en conjonction avec autant de bières que nécessaire. » OKAY.

-ROBERT MITCHUM-

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Enfin l’incroyable acteur Robert Mitchum était friand du  “Ramos Gin Fizz, un mélange de gin, extraits de vanille, jus de citrons jaunes et verts, blanc d’oeuf, sirop de sucre de canne, crème, eau de fleur d’oranger, et eau gazeuse… Il fila cet antidote à Frank Sinatra qui fut si heureux de la découverte, qu’il le baptisa “Lait de Maman”, envoyant une carte  à Mitchum à chaque fête des mères en remerciement. On raconte que Jim Morrison des Doors, était lui aussi grand fan du “Fizz.” C’est que Robert était un de ces professionnels à qui on ne la fait pas. Dans le livre biographique d’Odette Ventura, Lino, la femme de l’acteur écrit :
« En 1985, au festival du film policier de Cognac, Lino avait accepté de s’y rendre parce qu’il se déroulait à Cognac, nous avons diné avec Robert Mitchum. Avant le déjeuner du gala, Mitchum avait commandé, comme apéritif, un mélange de vodka et de bière. Il avait avalé pratiquemment une demi-bouteille de Vodka et le contenu de quatre demis. Lino l’observait avec surprise. On passa à table. Croyant faire de l’humour, Lino demande à Mitchum, son voisin, s’il souhaite boire… un apéritif.
“Yes? Fait Mitchum. Des Pimm’s.”
Il en boit plusieurs sous nos yeux affolés. On sent que Lino s’attend à le voir s’écrouler sous la table. Mais au contraire, “Mitch” se penche vers Lino et lui dit: “Lino, je compte sur vous qui êtes connaisseur pour choisir le vin…”
Pendant le repas il avale, à lui seul, deux bouteilles d’un excellent bordeaux, sans trahir la plus petite difficulté. Il se lève, allume un cigare.
“Je n’osais pas lui proposer un digestif, me raconta Lino. J’avais peur qu’il se fache. Eh bien, c’est lui qui, en me tapant sur l’épaule, me dit:
“Il y a surement de la fine Napoléon, n’est ce pas?”»

-DEAN MARTIN-

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« Restez soûls. »

*

-BONUS TITUBANT AVEC GAINSBARRE-

-coktail souterrain: La JOBARDISE-

Il était tard, et un angliche sirotait pour la première fois de la Chartreuse: « Tough ! » lâcha-t-il avec satisfaction. Évidemment, ses quelques 55° ne passent pas sans découverte d’œsophage. Il brûle et nous révèle soudain sa longueur et son corsage.
« It just needs some water, » pensa-t-il.
Une bouteille plastique pleine de Berger blanc (Pastis transparent) traînait justement sous mes doigts. Je lui tendis, laissant la transparence du liquide le tromper pour moi, et il se remplit à moitié le verre de ce fabuleux breuvage. La grimace ne se fit pas attendre:
« Woo, that’s pretty heavy… »
Autour de la table, tous semblaient étonnés, parce que tous connaissaient sa tolérance élevée en liqueur de haute gamme. J‘étouffais un rire et à ma surprise, il reprit la bouteille et remplit son verre jusqu’au plafond de ce qu’il pensait être de l’eau claire…
Il but encore, et n’y tenant plus, j’explosais de rire et lâchais le secret de l’affaire. On s’est bien marré, mais blasphème: gâcher de la Chartreuse avec du Berger… Pire qu’absinthe et Champagne façon Hemingway…
Solution: en verser dans les verres alentours, y ajouter de l’eau… Merveille! Jamais je n’ai bu chose si belle! Comme quoi: née de la jobardise amicale, un cocktail fabuleux apparaît. Goutez-le et donnez m’en des nouvelles… rien de plus savoureux !

Recette: dans un verre: 1/4 de Chartreuse, le reste de Berger:
De ce mélange, remplissez autant de verres que possible, au quart type Ricard.
Depuis ces verres, remplir d’eau fraîche à plus de la moitié (jusqu’à obtenir une adéquate opalescence verdâtre).
Plus encore pour les insatisfaits. Appliquer ensuite les méthodes mentionnées ci-dessus, au choix, pour éviter tout réveil difficile.

La SOUCOUPE ET LE PERROQUET : GENÈSE



DON QUICHOTTE des BERMUDES-

L’épisode de Strip Tease le plus connu est probablement « La Soucoupe et le Perroquet », réalisé en 1993 et dévoilant le quotidien d’une vieille dame et de son fils aux airs un peu cinglés : elle conserve un perroquet mort depuis plus de vingt ans dans une boîte pour être enterrée avec ; il construit une soucoupe en bois dans le jardin… La machine fonctionne PARANORMALEMENT et devrait se diriger vers les Bermudes…

Ce qui est moins connu, c’est que Jean-Claude ait écrit le récit de sa vie dans un livre paru en 1984, intelligemment intitulé DON QUICHOTTE DES BERMUDES. On y découvre son enfance difficile, ses aventures de marins sur les eaux internationales et l’histoire d’une première soucoupe suivie de sa dérive en plein Océan Atlantique… L’histoire du fou devient peu à peu récit d’un marin perdu dans l’immensité d’un grand bleu. L’esprit de Jean-Claude Ladrat est brûlé par le soleil et les ésotérismes mais offre toujours quelque chose de fascinant.

Le texte entier est disponible ici. On vous en a fait le résumé là-dessous. 

 

Don Quichotte des Bermudes

Enfant, Jean-Claude fait face à la pauvreté, à la séparation des parents, aux ballottements judiciaires, et au pensionnat où rien n’annonce une vie facile : « Sept années de déchirure, de repli sur soi, de sentiment d’injustice. Écrasé par les décisions d’une administration que je ne connais pas, je finis par en prendre mon parti et me résigne. Je ne cherche plus à me rebeller, non je reste bien au chaud dans le troupeau et finis par ne plus exister dans le pensionnat. »

Une fois la majorité atteinte, il traîne sur les quais de Bordeaux et se fait embaucher sur un cargo norvégiens pendant trois ans. Il y découvre l’alcool, les putes et les escales, mais « saturé de la bière, du bordel, de ces liens éphémères et artificielles », il s’intéresse de plus en plus aux « ouvrages ésotériques et devient un adepte des sciences occultes. » S’en suit un long et lent « dédoublement de la personnalité » qu’il considère comme un « don » mais qui flirte ostensiblement avec une légère folie tintée d’hallucinations à l’écoute d’un « Maître » venu lui apporter le savoir. Ses aventures l’entraînent à bord d’un pétrolier. Il parcourt le monde, traverse les continents et fait face à la dure cadence des marins… Mais un soir de tempête, du côté du Triangle des Bermudes, alors qu’il se trouve à la barre, d’étranges dérèglements se produisent… Cette péripétie le persuade qu’une force mystérieuse parvenant à déplacer un pétrolier géant de 230 mètres pourrait très bien faire décoller n’importe quel engin plus léger. Il n’en faut pas plus pour le pousser à quitter la vie océanique et « trouver les fonds nécessaires à la fabrication d’un engin céleste expérimental. Créer un moteur amplifiant les ondes cérébrales, conducteurs parfaits qui absorberont l’énergie inexploitée jusqu’à maintenant. » Tout est en place, « l’engin aura la forme d’une soucoupe. »

« De quoi faire sourire les sceptiques, les rationalistes, œuvre d’un illuminé, d’un fou, d’un enfant, mais j’y crois dur comme fer. »

Il retrouve sa mère, achète une petite maison, et s’atèle à la construction d’un premier engin qui lui prendra pas moins de sept années. Le projet avance et Jean-Claude reste lucide devant les quolibets des villageois et l’intérêt de la presse. Sa mère le soutient, et si « l’ironie marque le ton des articles, [ils n'en ont] que faire. » L’objet qu’il fabrique est décidément proche de l’Objet Non Identifié. Il le nomme « l’engin », « la soucoupe volante », « la bouée », « ma coquille de noix »… Il y ajoute un mât et trois voiles pour pouvoir naviguer, mais les aides financières n’aboutissent pas et l’Agence Nationale de la Valorisation de la Recherche refuse de le subventionner, « n’étant pas un établissement bancaire. » Même les demandes auprès du Conseil Général et de la NASA ne donnent rien, « compte tenu des restrictions budgétaires actuelles. »

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Il met son engin à l’eau, fait face aux moquerie (« je ressemble à un extraterrestre de troisième zone tombé dans une mare »)  et aux problèmes juridiques: « considérée comme bateau de plage, la soucoupe marine n’est pas immatriculable. De plus je ne tiens pas à être envoyé dans un hôpital spécialisé où certaines âmes secourables aimeraient me placer. » Mais tout a une solution et elle apparaît clairement à Jean-Claude : l’engin baptisée LADRITAN prendra la mer depuis DAKAR. Le transport est fait par cargo où l’objet est sobrement désigné en tant que « bouée habitable, poids 1 tonne 500. »

Vivres, conserves, canot de sauvetage, carabine 22 Long riffle sont accumulés pour lui permettre « de survire et le cas échéant de [se] défendre. » Il reçoit enfin son certificat d’embarquement « à destination de … la mer » et « ne pouvant [le] retenir, ils [lui] offrent un coffret de 12 fusées de détresse. »

à destination de LA MER

L’aventure commence et le Livre de bord se met en route. Premier souci majeur après deux jours de navigation: Jean-Claude a oublié l’ouvre-boîte… S’en suit une longue bataille contre le mal de mer, la déprime, les souvenirs heureux et malheureux, le nouvel an 1984 en solitaire, les discussions avec de jeunes lycéennes… et la folie qui lui grimpe tendrement dans l’encéphale: « Depuis quelques jours nous somme deux dans LADRITAN. Je me parle à haute voix ». Et puis rapidement, des appels et des hallucinations: « Foutez le camp, laissez-moi tranquille. Les salauds me rentrent dans la tête. » ou « Comment me concentrer et communiquer avec l’au-delà, alors que LANDRITAN est constamment occupé d’ombres chuchotantes. »

Pêches, échecs, mouettes, inondations, radios brésiliennes, africaines, attaques de requins, tirs de Long riffle contre les attaques de requins, souvenirs violents de la guerre du Vietnam, de nuits difficiles sur les cargos, d’hommes à la mer… le périple fait songer à une aventure d’Hemingway si ce n’était l’étrange obsession surnaturelle qui va-et-vient au gré du courant. Les vestiges de l’Atlantide, les visites du Maître, les cristaux électromagnétiques à douze angles, le chemin indiqué par l’étoile Altaïr, la vision des « ambassadeurs du continent disparu », la recherche de la quatrième dimension…

Le corps de Jean-Claude finit par être aussi naufragé que sa soucoupe : furoncles, urticaire, malnutrition, poissons crus, rejets, désirs de suicide, abandon du « Maître », jeûne, moisissures et toujours les requins qui lui tournent autour… rien ne va plus. Devenu un « clochard des mers », un chalutier espagnol vient enfin le sauver de son désert liquide après trois mois de dérive. Le LADRITAN est sabordé et c’est une partie de lui-même qui est « noyée à tout jamais. » Cependant, après avoir fait face aux autorités qui tentent de le repêcher sans bien comprendre à qui elles ont affaire, Jean-Claude ne reviendra sur terre qu’avec l’envie de continuer son oeuvre et satisfaire les désirs du Maître :

« Dès demain, je m’isolerai dans l’atelier, tirerai des plans, remplirai ma tête de rêves et de voyages. Pourquoi subir la vie, elle est imaginaire. Tout là-haut, dans le ciel, l’œil cyclopéen d’Altaïr m’invite à la solitude. »

Pour voir le tout premier reportage sur la soucoupe, « les soucoupes volantes à Germignac », c’est sur le site de l’ina, juste .

antoine jobard